Mode (nom féminin, nom masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XIV e siècle. Emprunté du latin modus, « mesure ; manière ».
1. Manière de voir ou d'agir, qui est propre à une personne, ou qui, en un lieu ou dans un milieu déterminé, est passée dans l'usage commun. Vieilli sauf dans quelques locutions. À l'ancienne , comme autrefois. Chacun vit à sa , à son gré, comme il l'entend. Loc. prép. À la de, à la manière de. À la de chez nous. À la d'Italie, d'Espagne, suivant les usages d'Italie, d'Espagne. Oncle, tante à la de Bretagne, cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. Neveu, nièce à la de Bretagne, fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine. Cousin, cousine à la de Bretagne, s'emploie dans le même sens, et parfois de manière extensive pour désigner un parent éloigné. Se dit de certaines préparations culinaires. Tripes à la de Caen. Bœuf à la ou, ellipt., bœuf , voir . 2. Manière de se comporter, de s'habiller, de s'exprimer, etc., qui prévaut, pour un temps, dans une société donnée. Lancer une . Suivre la . Les caprices de la . C'est la dernière , la nouvelle . Cela est passé de . L'assujettissement aux s. Elle est victime de la . La grande , s'est dit, sous l'Ancien Régime, de ce qui était en usage chez les grands, à la Cour, et qui se répandait ensuite dans la Ville ; aujourd'hui, désigne ce qui fait l'objet d'un engouement très vif et passager. Expr. La , c'est ce qui se démode. Loc. adv. et adj. À la . Être, n'être plus à la . Mettre à la . Se meubler à la . C'est le livre, la pièce à la . En parlant d'une personne (fam.). Un homme à la , un homme en réputation, recherché, fêté. Un auteur, un artiste, un acteur à la , en vogue. Se dit spécialement de ce qui est adopté passagèrement en matière d'habillement et de parure, de l'ensemble des vêtements, accessoires, etc., qui reflètent le goût du moment. Mode masculine, féminine. Mode d'hiver, de printemps. Article de . Gravure de . Journal de . Présentation, défilé de . La 1900. Au pluriel. S'est dit des ajustements et parures de la toilette féminine, et s'est appliqué plus particulièrement aux coiffures des femmes. Magasin de s. Une marchande de s . Par méton. Ensemble des professions se consacrant à la création et au commerce des vêtements, accessoires et autres articles de . Les métiers de la .


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Manière de voir, d'agir, fantaisie. "Il faut le laisser vivre à sa , le laisser faire à sa . Il s'est fait une philosophie à sa . Chacun vit à sa ."
"À la de," À la manière de. "Tripes à la de Caen."
"Oncle, tante à la de Bretagne," Cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. "Mon père et lui étaient cousins germains; par conséquent, il est mon oncle à la de Bretagne."
"Neveu, nièce à la de Bretagne," Fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine.
MODE se dit particulièrement de l'Usage passager qui dépend du goût et du caprice. "Nouvelle mode. Ancienne . Mode ridicule, extravagante. C'est la , la dernière . Se mettre à la . Suivre la . Une robe, une étoffe à la . Une opinion, un mot à la . C'est le livre, la pièce à la . Il est de de professer cette opinion. La des grands chapeaux est passée. La est aux couleurs claires. Être esclave de la . Les caprices, les bizarreries, l'empire de la . On revient aux vieilles s."
Fam., "Un homme à la ," Un homme en réputation, très recherché, très fêté. On dit dans le même sens "Un auteur, un artiste, un acteur à la ."
Par analogie, "Boeuf à la ," Plat fait d'une pièce de boeuf piquée de gros lard et assaisonnée de carottes, d'oignons, etc.
MODES, au pluriel, qui signifiait autrefois les Ajustements, les parures à la pour l'habillement des femmes, ne s'applique plus qu'à leurs chapeaux. "Magasin de s."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Philosophie
Manière d'être. "Les divers arrangements des parties d'un corps en sont les s."
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Forme, méthode. "Mode de gouvernement, d'administration, de comptabilité, d'enseignement, d'élection. Le que nous avons adopté."
MODE, en termes de Grammaire, désigne la Manière dont on envisage l'action, suivant qu'on la considère comme certaine, douteuse, probable, etc. "Mode indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif."
Il se dit aussi des Formes spéciales qui servent à indiquer ces différentes nuances. "Ce verbe est au indicatif, au subjonctif."
MODE, en termes de Musique, se dit de Certaines dispositions de l'échelle des sons. "Les Grecs avaient plusieurs s : le dorien, le phrygien, le lydien, etc."
"Mode authentique," dans le Plain-chant, Celui qui, étant donné une quinte partant de la tonique ou finale, s'étend à la quarte supérieure. "Mode plagal," Celui qui, étant donné la même quinte, s'étend à la quarte inférieure.
"Mode majeur," Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont majeures.
"Mode mineur," Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. "Le ton d'ut, majeur. Le ton de la, mineur."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Terme de philosophie. Manière d'être qui ne peut exister indépendamment des substances, quoiqu'elle puisse être conçue à part abstraitement.
ROHAULT: « Le est un accident que l'on conçoit nécessairement dépendant de quelque substance »
VOLT.: « Comment une substance quelconque périrait-elle ? tout se détruit, l'être reste »
BONNET: « La figure et le mouvement dépendent d'une cause qui est extérieure au corps ; ce ne sont donc pas des propriétés essentielles ; ce sont de simples s, mais qui ont leur fondement dans les attributs essentiels de la matière : la figure dans l'étendue, le mouvement dans la solidité »
BONNET: « Les s dérivent des attributs »

 2   Terme de logique. Modification d'une proposition, ce qui la rend modale.
    Certain ordre dans le raisonnement, ou dans la manière d'argumenter, qui dépend de la nature des propositions. Modes du syllogisme, les différentes manières dont les quatre sortes de propositions (l'affirmative, la négative, l'universelle et la particulière) se combinent trois à trois pour former un syllogisme.

 3   Terme de jurisprudence. Clause qui modifie l'effet d'un acte d'après un événement incertain, mais dépendant de la volonté de celui qui doit profiter de la disposition modale.

 4   Dans le langage ordinaire, forme, méthode. Mode de gouvernement, d'administration, d'enseignement, etc.

 5   Terme de grammaire. Nom donné aux différentes formes du verbe employées pour affirmer plus ou moins la chose dont il s'agit, et pour exprimer non pas le temps, mais les différents points de vue auxquels on considère l'existence ou l'action. Les s sont, en français, l'indicatif, l'impératif, le subjonctif, le conditionnel, l'infinitif et le participe. Les s s'accordent entre eux, c'est-à-dire que, dans deux propositions qui se commandent, si la première est au présent, la seconde doit être mise au présent ; si la première est au passé, la seconde doit être aussi au passé : je veux que vous fassiez cela ; je voulais, j'ai voulu, j'avais voulu que vous fissiez cela.
    Modes personnels, ceux qui, dans les verbes, ont des personnes. Modes impersonnels, l'infinitif et le participe.
    Modes obliques ou indirects, s'est dit autrefois de tous les s des verbes autres que l'indicatif.

 6   Terme de musique ancienne. Certaine disposition de l'échelle des sons, où les anciens reconnaissaient : 1° un diapason plus ou moins élevé, le phrygien étant d'un ton plus haut que le dorien, et d'un ton au-dessous du lydien, etc. ; 2° une position différente du demi-ton, qui se trouvait au troisième degré dans le dorien, au second dans le phrygien, au premier dans le lydien, etc. ; 3° un caractère particulier, la fermeté et l'énergie dans le dorien, la fureur bachique dans le lydien, et dans l'ionien, l'agrément et une douceur un peu efféminée.
CHATEAUB.: « Le Pentateuque se chantait à Jérusalem sur un plein et doux »
HUGO: « Néron, maître du monde et dieu de l'harmonie, Qui sur le d'Ionie Chante en s'accompagnant de la lyre à dix voix »
    Fig.
MILLEVOYE: « La muse me toucha d'un magique rameau, Et d'un inconnu m'enseigna l'harmonie »
LAMART.: « [Byron] Ta voix, sur un infernal, Chante l'hymne de gloire au sombre dieu du mal »
    Fig. Le thébain, la poésie lyrique semblable à celle de Pindare, qui était de Thèbes.
V. HUGO: « Lutteurs.... Venez vaincre dans nos fêtes, Afin d'obtenir des poëtes Un chant sur le thébain »
    Terme de plain-chant. Disposition de l'échelle des sons analogue aux s des Grecs, mais déterminée : 1° par la place des demi-tons ; 2° par l'étendue, qui était pour chacun d'une octave ; 3° par la finale, c'est-à-dire par la note qui devait terminer le chant dans chaque ; 4° par la dominante, c'est-à-dire par la note qui occupait la plus grande partie du chant ; 5° par la distinction des s authentiques et des s plagaux, le plagal étant d'une quarte au-dessous de l'authentique correspondant, avec la même note pour finale ; 6° par le caractère grave, triste, joyeux qu'on y reconnaissait.
J. J. ROUSS.: « Dans le plain-chant, quand la finale d'un chant en est aussi la tonique, et que le chant ne descend pas jusqu'à la dominante, le s'appelle authentique ; mais, si le chant descend ou finit à la dominante, le est plagal »
    Terme de musique rne. Disposition des sons de la gamme, déterminée par la place du demi-ton, qui occupe le troisième degré dans le majeur, et le second dans le mineur.
    Mode majeur, celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont majeures.
    Mode mineur, celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
R. ESTIENNE: « Les s sont de cinq sortes : la premiere s'appelle indicative.... »
MAROT: « Et que je chante en pastorale. Ce que voudray de ma fluste rurale »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. mo, s. m., de verbe ; du lat. modus. Mode, s. m. n'appartient point à l'ancienne langue. Au XVIe siècle, il était uniformément féminin ; c'est plus tard qu'on a distingué le et la . Modus, au sens de de verbe, avait donné moeuf (voy. ce mot).


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Manière, fantaisie.
RÉGNIER: « Nature qui sert un chacun à sa »
CORN.: « Vous avez, Dieu me sauve, un esprit à ma ; Vous trouvez, comme moi, la grandeur incommode »
CORN.: « J'approuve cependant que chacun ait ses dieux, Qu'il les serve à sa et sans peur de la peine »
LA FONT.: « Même on dit qu'il suivit la de son maître »
SÉV.: « Mme de Vins me parut hier fort tendre pour vous, ma fille ; c'est-à-dire à sa , mais sa est bonne »
SÉV.: « J'entre dans le goût qu'il [un directeur, le prieur de Sainte-Catherine] a de ne point ressembler à ses voisins [les jésuites], et je le traite à sa , qui est aussi tout à fait la mienne »
BOSSUET: « Un Dieu qu'on fait à sa , aussi patient, aussi insensible que nos passions le demandent, n'incom pas »
BOSSUET: « Pendant que le parlement d'Angleterre songe à congédier l'armée, cette armée toute indépendante réforme elle-même à sa le parlement.... et se rend maîtresse de tout »
BOSSUET: « Prince religieux à sa »
BOILEAU: « Ronsard.... Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa »
MAINTENON: « Mais d'une vertu à leur et qui ne les empêche pas de faire mille maux, et de manquer à faire mille biens »
    À la vieille , comme dans le temps passé.
SÉV.: « Vous nous parlerez longtemps du malheur de M. de Pompone, avant que nous vous trouvions à la vieille ; cette disgrâce est encore bien vive dans nos têtes »
    À la d'Italie, d'Espagne, etc. suivant les usages d'Italie, d'Espagne, etc.
    Oncle, tante à la de Bretagne, cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. Neveu, nièce à la de Bretagne, fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine.
LESAGE: « Un maître maquignon qui est mon neveu à la de Bretagne »

 2   Usage passager qui dépend du goût et du caprice. [Les Français] Aimant, comme je fais, beaucoup le changement, En leur langue commune ils me nomment la , Discours nouveau sur la (1613).
RÉGNIER: « Voyez ce taffetas, la en est nouvelle »
     Hist. du théâtr. franç. t. VII, p. 216, dans LACURNE: Il en est [des diables] du village, il en est du grand monde ; Il en est de la , il en est de la Fronde
PASC.: « Comme la fait l'agrément, aussi fait-elle la justice »
PASC.: « La même et les pays règlent ce que l'on appelle beauté »
SÉV.: « Ne vous engagez point à le soutenir [l'usage du chocolat] ; songez que ce n'est plus la du bel air »
SÉV.: « Le moyen que vous ne m'aimiez pas ?... c'est moi qui ai commencé la de vous aimer et de vous trouver aimable »
BOURDAL.: « Des s que le dieu du siècle, c'est-à-dire que le démon de la chair a inventées »
DÉSHOUL.: « Le savoir nuit à tout, la en est passée ; On croit qu'un bel esprit ne saurait être bon »
BOILEAU: « Importun à tout autre, à soi-même incommode, Il change, à tout moment, d'esprit comme de »
BOILEAU: « Une femme surtout doit tribut à la »
BOILEAU: « On n'y peut plus souffrir ses vertus hors de »
LA BRUY.: « Une chose folle et qui découvre bien notre petitesse, c'est l'assujétissement aux s quand on l'étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé et la conscience »
LA BRUY.: « Il y a autant de faiblesse à fuir la qu'à l'affecter »
LA BRUY.: « L'on blâme une qui, divisant la taille des hommes en deux parties égales, en prend une tout entière pour le buste.... l'on condamne celle qui fait de la tête des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages »
LA BRUY.: « Iphis voit à l'église un soulier d'une nouvelle ; il regarde le sien, il rougit, il ne se croit plus habillé »
LA BRUY.: « Le duel est le triomphe de la , et l'endroit où elle a exercé son empire avec plus d'éclat »
LA BRUY.: « Une a à peine détruit une autre qu'elle est abolie par une plus nouvelle, qui cède elle-même à celle qui la suit, et qui ne sera pas la dernière »
DESTOUCHES: « Je fais mon plus grand soin du soin de me parer, Rien ne me flatte plus qu'une nouvelle »
VOLT.: « De la jusque dans la médecine ; cette manie était trop commune dans Paris »
VOLT.: « Vous dont l'esprit formé par la lecture Ne parle pas toujours et coiffure »
VOLT.: « Il est une déesse inconstante, incommode, Bizarre dans ses goûts, folle en ses ornements, Qui paraît, fuit, revient et naît en tous les temps, Protée était son père, et son nom est la Mode »
LA CHAUSSÉE: « À la régnante : Le plus sage la suit, le plus heureux l'invente »
LA CHAUSSÉE: « La n'a point droit de nous donner des vices »
BUFF.: « Les femmes des îles du golfe Persique ont aussi des s et des coutumes semblables à celles des femmes indiennes, comme celles de se passer dans le cartilage du nez des anneaux et une épingle d'or au travers de la peau du nez près des yeux »
    Passer de , cesser d'être dans le goût du jour.
VOLT.: « Il faisait représenter des tragédies où on pleurait, et des comédies où l'on riait ; ce qui était passé de depuis longtemps »
    Mettre à la , faire accepter par le goût du jour.
BOSSUET: « C'est le langage que les sociniens tâchent de mettre à la , quand ils parlent des grands mystères de notre foi »
LA BRUY.: « Il n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la .... que le grand jeu »
GENLIS: « Le peintre que j'employais est un homme que j'ai mis à la »
    À la , dans le goût du jour.
RÉGNIER: « Je lui fis à la un petit compliment »
CORN.: « La pièce est fort complète et des plus à la »
CORN.: « Est-il vrai, grand monarque ? et puis-je me vanter Que tu prennes plaisir à me ressusciter ? Qu'au bout de quarante ans Cinna, Pompée, Horace Reviennent à la et retrouvent leur place ? »
MOL.: « L'hypocrisie est un vice à la , et tous les vices à la passent pour vertus »
SÉV.: « Cent petites boucles sur vos oreilles.... qui vont mal, et qui ne sont non plus à la présentement que la coiffure de la reine Catherine de Médicis »
MAINTENON: « Mlle de Marsilly prétend que Saint-Cyr est présentement à la »
BOILEAU: « Le mérite et l'esprit ne sont plus à la »
BOILEAU: « Un poëte à la cour fut jadis à la »
HAMILT.: « Son esprit était tellement à la que.... »
    Cet homme, cette femme est à la , est fort à la , cet homme est recherché, cette femme est beaucoup fêtée.
PELLISSON: « Personne n'est plus ici à la que M. l'archevêque de Cambrai ; et, ce qui vous surprendra, c'est par une chose qui n'est peut-être pas trop à la , qui est de faire admirablement son devoir d'évêque »
SÉV.: « Il [le marquis de Grignan] est à la »
LA BRUY.: « Une personne à la ressemble à une fleur bleue, qui croît le soir même dans les sillons, où elle étouffe les épis, diminue la moisson, et tient la place de quelque chose de meilleur, qui n'a de prix et de beauté que ce qu'elle emprunte d'un caprice léger.... »
LA BRUY.: « Un homme à la dure peu, car les s passent »
LA BRUY.: « Tel a été à la pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers, qui n'y est plus »
MAINTENON: « M. le maréchal de Berwick, présentement l'homme à la , et digne de l'être »
FONTEN.: « À mesure qu'il parvenait à être plus à la , il y mettait l'anatomie, qui, renfermée jusque-là dans les écoles de médecine ou à Saint-Côme, osa se produire dans le beau monde, présentée de sa main »
    Des amis à la , se dit des gens qui ne témoignent de l'amitié qu'à ceux qui peuvent leur rendre service.
BALZ.: « En vérité, de sentir les blessures d'un autre premier que [avant] lui..., il faut avouer que ce n'est pas aimer à la »
    Il est de , c'est-à-dire la veut.
BÉRANG.: « Puiser dans la Bible est de ; Prenons-y le sujet d'une ode »

 3   Terme de cuisine. Boeuf à la , ragoût fait d'une pièce de boeuf piquée de gros lard, avec des carottes.
    Tripes à la de Caen, manière d'accommoder les tripes qui est propre à la ville de Caen.

 4   Modes, au pluriel, signifie les ajustements, les parures à la ; mais, dans cette acception, il ne se dit qu'en parlant de ce qui sert à l'habillement des dames.
VAUBAN: « La France fournit aussi les s, une infinité d'étoffes qui se fabriquent dans ses manufactures mieux qu'en aucun autre endroit du monde »
MARIV.: « Voyez ces ajustements, jupes étroites, jupes en lanterne, coiffures en clocher, coiffures sur le nez, capuchon sur la tête, et toutes les s les plus extravagantes »
J. J. ROUSS.: « En voyant des marchands de s vendre aux dames des rubans »
     Lett. pat. du 30 sept. 1780, Picardie: N'entendons assujétir à aucunes règles les linons rayés, mouchetés, brochés, gazes, mignonnettes et autres toiles de s
GENLIS: « Elle dit qu'elle ne désire que l'honneur de voir madame, et de lui montrer des s nouvelles »
    Tenir les s et la nouveauté, vendre des chapeaux, des objets de s, des étoffes nouvelles.
    Aujourd'hui, s ne se dit plus guère que des chapeaux et des coiffures. Une marchande de s est une faiseuse de chapeaux.

 5   Terme de point d'Alençon. Nom donné à tous les jours qui font l'ornement du point d'Alençon, dans la dentelle-réseau.

 6   Ancien nom d'une espèce de serge. Serges en coton ou s, Tabl. annexé aux lett. pat. du 30 sept. 1780, Châlons.

PROVERBES
    Chacun vit à sa , c'est-à-dire chacun en use comme il lui plaît dans ce qui le regarde.
    Les fous inventent les s, et les sages les suivent.

HISTORIQUE
    XVème siècle
BASSELIN: « Au barbier qui la barbe oste, Qui ma barbe osta, Et à la qui trotte, Qui me la coupa »
    XVIème siècle
MAROT: « Sur les autels couverts de parements Qui sont beaux lits à la ordinaire »
MONT.: « On luy reprocha que c'estoit à la du regnard, pour n'y pouvoir advenir »
MONT.: « À la de quoy [à la manière dont] nous sommes instruits, il n'est pas merveille si.... »
PARÉ: « Comme nous avons dit et pouvons entendre de sa [du muscle] d'operer »
AMYOT: « Il n'estoit pas losible au pere de nourrir ses enfans à sa , ainsi que luy sembloit »
     Nuits de Straparole, t. II, p. 138, dans LACURNE: Jeune, belle, gentille, deliberée, de que cet homme devint tant amoureux de ses bonnes graces
LEROUX DE LINCY: « Chascun à sa , et les asnes à l'antique corde »

ÉTYMOLOGIE
    Mode 1.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Usage passager qui dépend du goût et du caprice. "Nouvelle . Vieille . Ancienne . Mode ridicule, extravagante. C'est la . C'est la dernière . Ce n'est plus la . La en est passée. Inventer des s. Se mettre à la . Suivre la , les s. Un habit, une étoffe à la . C'est un mot qui est fort à la . Une opinion de . Un système à la . Être esclave de la . Les caprices, les bizarreries, l'empire de la . Cela était autrefois à la . On revient aux vieilles s. Il ne porte que des habits faits à l'ancienne . Les fous inventent les s, et les sages les suivent."
Fam., "Cet homme, cette femme est fort à la ," Cet homme est fort recherché, cette femme est beaucoup fêtée.
"Boeuf à la ," Ragoût fait d'une pièce de boeuf piquée de gros lard.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Manière, fantaisie. "Il faut le laisser vivre à sa , le laisser faire à sa . Il s'est fait une philosophie à sa . Chacun vit à sa ."
"À la d'Italie, d'Espagne, etc.," Suivant les usages d'Italie, d'Espagne, etc.
"Oncle, tante à la de Bretagne," Cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. "Mon père et lui étaient cousins germains; par conséquent il est mon oncle à la de Bretagne."
"Neveu, nièce à la de Bretagne," Fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


T. de Philosophie. Manière d'être. "Les divers arrangements des parties d'un corps en sont les s."
Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Forme, méthode. "Mode de gouvernement, d'administration, de comptabilité, d'enseignement, d'élection. Le que nous avons adopté."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en Grammaire, se dit Des inflexions générales du verbe, qui forment la conjugaison, et qui servent à exprimer les différents points de vue sous lesquels on considère l'existence ou l'action. "On reconnaît cinq s dans chaque verbe régulier: l'indicatif, l'impératif, le conditionnel, le subjonctif, et l'infinitif."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en Musique, se dit Du caractère affecté au ton. "Les Grecs avaient plusieurs s, l'ionien, le dorien, le phrygien, l'éolien, le lydien, etc."
"Mode majeur," Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont majeures; et, "Mode mineur," Celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. "Le ton d'"ut, " majeur. Le ton de" la, " mineur."
Dans le Plain-chant, "Mode authentique," Celui où la quinte de la tonique est au grave, et la quarte à l'aigu; et, "Mode plagal", Celui où la quinte est à l'aigu, et la quarte au grave.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Il est masc. en "Philosophie"; manière d'être. '"Les s d'un" corps, ce qui le modifie";" et en "Musique", le ton dans lequel une pièce de musique est composée: le " majeur", le " mineur", etc.; en "Gramaire", moeuf ou manière de conjuguer les verbes: "le indicatif", "subjonctif" ou "conjonctif", etc. = Il est "fém." quand il signifie "usage", à l'égard des chôses sur-tout qui dépendent du goût et du caprice des hommes. 'Tout est soumis à l'empire de "la ". '"Mode" ridicule, extravagante. 'Inventeur "des s". 'Se mettre "à la ", fort "à la ". '"La " en est pâssée; cela est "hors de ", est "pâssé de ". 'Insensiblement ces exercices, devenus moins nécessaires, passèrent "de ". Hénaut.
   REM. "Mode" régit "de" devant les noms et les verbes. 'Les persones raisonnables ne se trouvent nulle part en assez grande quantité, pour y faire "une de" vertu et de droitûre. "Font." 'Les péchés mêmes des Grands, deviènent "les s des" peuples. "Fléchier". 'On est ignorant dans un siècle, mais "la d'être" savant peut venir. On est intéressé, mais "la d'être" désintéressé ne viendra point. "Fonten." 'C' est domage que "la " ne soit pas encôre venue "d'être" en deux endroits: vous seriez bien utile ici à votre famille. "Sév."
   "Être à la ", en crédit, en vogue.
   Un Poète à la cour "fut" jadis "à la ",
   Mais des foux d'aujourd'hui c'est le plus incomode.
       "Boileau".
* Le Traducteur du "Voy. d'Anson" dit mal-à-propos "en ". 'Rien "n'est" plus "en " dans ce pays (la Chine) que des prohibitions de toute espèce. = "À~ ma ", "à sa ", adv. À~ ma manière, suivant son goût. 'Vous êtes né comme les enfans des Rois, qui veulent que tout se fasse "à leur ". Télém.
   Je sais vivre "à ma ", et rien ne m'importune.
       "Boileau".
= * On a dit anciènement, "de ", pour "de sorte que".




Emplacement dans le dictionnaire :

mocassin
moche
mõche
mocheté
mocheuse
moco
modal
modale
modalité

modelage
modelé
modèle
modeler
modeleur
modelle
modénature
modérantisme
modérateur
moderateur
moderation




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